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Le fonctionnement du cerveau
1. INTRODUCTION
La compréhension du cerveau est l’un des problèmes
les plus passionnants et les plus difficiles auxquels est confrontée
la science à l’aube du XXIème siècle. Cette recherche
est d’autant plus passionnante que c’est la conception que nous
avons des relations entre cerveau et pensée, matière et esprit
qui conditionne très largement, que nous en ayons conscience ou non,
notre vision de l’Homme, de sa nature, de sa relation au monde, de
sa santé et de sa maladie.
Le cerveau est l’organe par lequel nous percevons le
monde qui nous entoure. En fait, nous ne percevons pas la réalité du
monde physique mais l’interprétation qu’en donne le cerveau.
L’illusion est notre vêtement naturel. « Cela ne devrait
pas constituer une surprise, déclare l’éminent cybernéticien HEINZ
VON FOERSTER, car en fait il n’y a ni lumière, ni couleur « en
soi », il y a seulement des ondes électromagnétiques.
En soi, il n’y a pas de son et pas de musique, il n’y a que des
variations momentanées de la pression de l’air. Il n’y
a pas de chaud et pas de froid, mais seulement des molécules en mouvement
avec plus ou moins d’énergie cinétique et ainsi de suite…
L’environnement que nous percevons est une invention de notre part ».
Des questions fondamentales se posent : comment le cerveau
fait-il pour analyser l’incroyable variété de ce monde
plein de stimuli ? Est-il un super-ordinateur ou quelque autre machine géante
ou bien encore plus que cela ? Quelle est la relation entre le cerveau matériel
et ce qui apparaît comme non matériel, la conscience ? Comment
définir la conscience qui est elle-même le seul instrument que
nous ayons pour évaluer la conscience ? Nous voici engagés
dans un labyrinthe sans fin où l’image d’un miroir reflète
indéfiniment le même miroir. Cette situation est comparable à la
difficulté rencontrée par HEISENBERG pour mesurer les systèmes
atomiques. L’observateur affecte l’observé. Le penseur
affecte la pensée.
2. MODÈLE INFORMATIQUE DU FONCTIONNEMENT
DU CERVEAU
Dans ce modèle classique, le cerveau fonctionne suivant
les mêmes lois et principes qu’un grand ordinateur. Les neurones
qui sont des parties constituantes séparées, coopèrent
d’une façon ordonnée, mécaniste, respectant les
lois déterministes de la physique classique.
Le fonctionnement du cerveau est, selon ce modèle, illustré par
les travaux récents sur la vision d’une « pomme ».
Il existe une analogie saisissante entre le fonctionnement
de l’ordinateur et celui du cerveau. L’ordinateur est capable
de réaliser des opérations très complexes, mais il lui
manque l’imagination, la créativité et la spontanéité.
Les chercheurs contemporains reconnaissent d’une façon unanime,
aujourd’hui, que le modèle informatique du cerveau qui ne s’intéresse
qu’à la nature séparée des choses –des neurones
en particulier- ne peut expliquer, de façon satisfaisante, le fonctionnement
du cerveau puisqu’il ne donne aucune information sur la physique de
la conscience.
3. APPROCHE QUANTIQUE DU FONCTIONNEMENT DU CERVEAU
a. INTRODUCTION
Aujourd’hui, le modèle qui représente le
cerveau est une sorte d’usine ou chaque machine ou processus est logé dans
un endroit donné. L’établissement de cette corrélation
entre cerveau et comportement reçut une impulsion considérable
grâce aux travaux de WILDER PENFIELD de
L’INSTITUT DE NEUROLOGIE DE MONTRÉAL. Les recherches de Penfield
ont permis de supposer que les fonctions occupaient une région particulière
du cerveau.
Mais la foi dans la localisation des fonctions du cerveau et,
en particulier, de la mémoire fut durement ébranlée
par les travaux de KARL SPENCER LASHLEY. Il
montre, en effet, qu’un rat dont on avait retiré 80% du cortex
visuel pouvait encore réagir à des sensations optiques et q’un
chat pouvait conserver sa vision après qu’on lui ait retiré 98%
du nerf optique. De même, des individus accidentés ayant subi
de sévères lésions cérébrales s’en
sortaient parfois avec des incapacités peu importantes. La mémoire
devenait imprécise, mais il n’y avait pas toujours de lacunes
définies. D’une certaine manière, la mémoire devait être « délocalisée » dans
le cerveau. Les cartes de correspondance entre comportement et fonctions
cérébrales se révèlent donc elles-mêmes
n’être que des approximations.
Ces expériences suggèrent alors l’idée
révolutionnaire que chaque cellule cérébrale doit non
seulement avoir sa mémoire propre, mais possède en mémoire
le cerveau tout entier.
b. LE CERVEAU HOLOGRAPHIQUE
L’interconnexion de toutes les cellules du cerveau révèle
les mêmes propriétés de champs que celles qui existent
entre les particules indiscernables de l’expérience de YOUNG.
Peut-être est-ce là que se trouve le secret du lien entre matière
et esprit . Pour HARRIS WALKER, du CENTRE
DE RECHERCHE ÉLECTRONIQUE DE LA NASA, certains phénomènes
quantiques ont lieu dans le cerveau et le champ qui y est peut être
dû à un processus de « tunneling » de la mécanique
quantique.
Pour comprendre la nature exacte de la transformation qui se
produit entre le monde extérieur et le cerveau, KARL PRIBRAM et d’autres
neurologues ont entrepris la démarche visant à introduire l’analogie
holographique dans la science du cerveau.
L’hologramme est une sorte de photographie en relief
dont l’essence réside dans les figures d’interférences
inscrites dans la plaque holographique à l’aide de faisceaux
lasers.
L’image holographique présente une particularité intéressante
: si vous coupez en deux l’image holographique d’une rose, par
exemple, vous obtiendrez deux images complètes de la même rose.
Vous pouvez reproduire cette opération et vous obtiendrez quatre rose,
huit roses, etc… Car chaque fragment de l’image contient l’image
en entier. Comme chaque portion de la photo-holographie contient la totalité de
l’image et que cette portion ne peut être saisie qu’en
rapport avec tous les autres fragments de l’image dans son ensemble,
il est possible de dire que l’image holographique possède une
certaine propriété de « champ ».
KARL PRIBRAM et d’autres
chercheurs défendent avec insistance le concept du cerveau holographique.
« D’une manière analogue, selon l’hypothèse
de PRIBRAM, écrit JOHN
BRIGGS, les synapses du cerveau contenir des milliers d’images
holographiques. Il y a dans le cerveau des millions de synapses. Ce modèle
pourrait rendre compte du phénomène d’association – comme
une image, une expérience ou une idée en rappelle une autre
semblable, comme la perception conduit à la pensée, puis à la
perception, puis à la pensée dans le courant de la conscience
selon un constant désenfouissement et réenfouissement des souvenirs
enregistrés sous une forme holographique ».
Comme un lent courant électrique circule constamment
entre les synapses dans tous le cerveau, il est possible, pense PRIBRAM,
que la mémoire holographique ne soit pas stockée
comme des images figées par la plaque photographique mais qu’elle
soit portée par ce flux constant d’activité électrique.
c. THÉORIE DE KARL PRIBRAM
Selon la théorie de la transformation de FOURIER,
une vibration quelconque ou une note de n’importe quel instrument par
exemple ou même d’un orchestre tout entier peut être reproduite
avec exactitude par addition de vibrations sinusoïdales simples formant
une série d’harmoniques. Le scientifique russe NIKOLAÏ BERNSHTEIN a
montré, de son côté, que le mouvement et l’action
physique pouvaient être soumis à une analyse de FOURIER,
c’est-à-dire traduit mathématiquement en fréquences
ou en ondes sinusoïdales. Réciproquement, à partir d’ondes
sinusoïdales, on peut réaliser la synthèse. Des résultats
expérimentaux laissent supposer que ce processus a lieu dans le cerveau.
Le physicien KARL PRIBRAM estime qu’une
grande partie des mécanismes fondamentaux du cerveau consiste à traduire
l’expérience perceptuelle en transformées de FOURIER.
C’est ainsi qu’au niveau de l’appareil visuel, il semble
que les cellules du cortex visuel ne réagissent pas à la configuration
des structures mais aux composantes de FOURIER de
cette configuration.
La décomposition d’une onde complexe en ses composantes
de FOURIER est d’une application parfaitement
générale. La théorie de la transformation de FOURIER peut
donc s’appliquer à la fonction d’onde complexe qui décrit
l’état d’un système quantique.
L’onde principale peut donc être considérée
comme résultant de la superposition de plusieurs états propres.

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